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Mécontentements tous azimuts: le régime Talon entre dans sa zone de turbulence

28 Juillet 2016, 02:18am

Publié par HODA Kouakou Steve

Etudiants en grève
Etudiants en grève

Il a fallu trois mois aux populations béninoises pour mettre fin à l’état de grâce vis-à-vis du régime du nouveau départ. Et ce n’est pas nous qui le disons, mais les mouvements de mécontentement observés çà et là sont signes que la rupture de Patrice Talon est entrée dans sa zone de turbulence.

Marche des étudiants réprimée à Cotonou en début de semaine, sit-in des étudiants de l’École Normale Supérieure, grèves par ci et par là, on est en droit de dire que le régime du changement, après trois mois, est effectivement entré dans une zone de turbulence. À l’analyse de la situation, plusieurs raisons pourraient expliquer cet effet de chose. D’abord, le bilan social du gouvernement après ses 100 jours. Ensuite, la crise économique au Nigéria qui affecte gravement l’économie béninoise et enfin les attentes non comblées par le régime du changement, qui malheureusement ne sont pas en train d’être réglé par le président Patrice Talon et son gouvernement.

Le bilan social du régime du nouveau départ

Dès l’entame de son mandat, le gouvernement de la rupture a pris des mesures fortes pour assainir les dépenses publiques et pour la relance de l’économie. Mais le péché commis par Patrice Talon et son gouvernement, c’est d’avoir ignoré que dans ce pays, l’intérêt personnel est plus fort que l’intérêt général. Chacun préfère voir sa situation être résolue au détriment des autres. Comme le bilan social des cent jours n’est pas aussi reluisant et ne voyant pas les choses venir comme il le faut, certaines couches sociales ont décidé de mettre la pression pour avoir gain de cause. C’est ainsi qu’on constate ces dernières semaines, des mouvements de mécontentements un peu partout.

La crise économique au Nigéria

Le Nigéria vit l’une des crises les plus graves de son histoire. Victime de la chute du prix du baril sur le marché international, le pays a vu sa monnaie se déprécier voire même dévaluer. Une situation qui n’est sans conséquence sur l’économie du Bénin qui partage plus de 700 km avec son grand voisin de l’Est. En effet, la dévaluation du naira ne permet pas aux grossistes ou autres opérateurs nigérians de venir s’approvisionner au Bénin. La conséquence directe est que le revenu de certains commerçants béninois a sévèrement baissé. Ajouté à cela, la morosité économique au Bénin qui ne permet pas au panier de la ménagère de se remplir. On peut donc craindre une explosion sociale et il va falloir vite réagir.

Les attentes non comblées par Boni Yayi

L’administration est une continuité et Patrice Talon s’est dit prêt, lors de son investiture à gérer ce pays. Alors, le chef de l’État béninois doit discuter avec ses ministres d’un plan d’urgence pour régler un tant soit peu les questions cruciales laissées en suspens par Boni Yayi. La question de la session unique à l’UAC par exemple devrait être réglée une fois pour de bon afin d’éviter les situations malheureuses qu’on constate dans le monde universitaire et qui durent depuis des lustres. Bien vrai le régime du nouveau départ est entré dans sa zone de turbulence, mais il y a possibilité de rassurer le peuple. C’est en cela que le discours du 31 juillet est très attendu. Patrice Talon doit donc assurer ce dimanche !

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