Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
stevehoda.over-blog.com

Effet pervers de la dévaluation du Naira sur l'économie béninoise : des milliers d'emplois menacés

29 Août 2016, 09:30am

Publié par HODA Kouakou Steve

Effet pervers de la dévaluation du Naira sur l'économie béninoise : des milliers d'emplois menacés

La chute drastique du cours du baril de pétrole a fini par contraindre les autorités nigérianes à recourir à la dévaluation du naira, la monnaie locale du Nigéria. L’application de cette décision a commencé déjà à produire ses effets au Bénin. Et c’est la Société Béninoise de Brasserie (Sobebra) qui fait les frais de la crise au Nigéria. Selon des informations dignes de foi, la société s’apprêterait à licencier 200 employés. Le groupe Cajaf Common de la deuxième plus grosse fortune du Bénin Ajavon Sébastien est aussi menacé, et plus son personnel. Une mauvaise nouvelle pour le gouvernement qui devra, si rien n’est fait, ajouter à la longue liste de chômeurs, une bonne centaine.

« Quand il pleut au Nigéria, Cotonou est mouillé » ; voilà une belle formule qui démontre combien de fois le Bénin est fortement dépendant du Nigéria. L’économie béninoise en effet, tire l’essentiel de ses ressources à partir du trafic avec les opérateurs économiques de son grand voisin de l’Est. La vente des véhicules d’occasion par exemple est une véritable manne financière grâce à des Nigérians ; de sorte que la filière soit devenue une vache à lait pour de nombreux politiciens béninois. La commercialisation de produits alimentaires tels que le riz, le maïs et autres transitent par des circuits clandestins pour atterrir sur le marché nigérian à la grande satisfaction de nos vaillants producteurs. Aujourd’hui, la donne a changé. Le Nigéria connait une crise aigüe du fait de la baisse du cours du baril de pétrole. Une situation qui n’a de cesse d’exacerber l’économie de ce pays ; ce qui a contraint les autorités nigérianes à dévaluer leur monnaie. Et depuis, le mouvement des trafics a changé de camp. Le Naira étant dévalué par rapport au CFA, les opérateurs nigérians ne sont plus intéressés à s’approvisionner sur le marché béninois. Au contraire, ce sont les produits « made in Nigéria » qui envahissent le marché local. Toute chose qui ne permet plus aux produits béninois d’être compétitifs sur le marché. La conséquence directe, c’est que des entreprises sont en proie à de grosses difficultés. C’est le cas par exemple de la Société Béninoise de Brasserie (Sobebra). En effet, les boissons de la Sobebra sont sérieusement concurrencées par les boissons nigérianes arrivées sur le marché avec la bénédiction de la fraude douanière. Pour cette raison, plus de 200 agents de cette société de brasserie risquent de se retrouver au chômage pour que la société ne mette pas la clé sous le paillasson. Ce qui va davantage accentuer la pression sur le gouvernement de la rupture dont le bilan social est largement contesté. Le groupe Cajaf Common spécialisé dans la vente de produits congélés fait également les frais de cette crise économique nigériane. Ajavon Sébastien, premier gros contributeur national, en ce qui concerne le paiement des impôts voit ses affaires en chute libre. Le pire, c’est que le personnel de la société pourrait être également revu en baisse si rien n’est fait. La morosité économique qui sévit déjà dans le grand marché de Dantokpa pourrait connaitre une situation catastrophique et mettre des milliers de familles en difficulté. Le ministre du Commerce, de l’Économie et des Finances et toutes les compétences qu’il y a dans l’actuel gouvernement doivent se rencontrer pour trouver une solution à la crise. Le nombre de chômeurs va sans cesse croissant et la tension sociale est déjà perceptible. Le licenciement de 200 agents de la Sobebra à l’ère de la rupture et d'autres dans certaines entreprises ayant des relations privilégiées avec le Nigéria risque d’être la goutte d’eau qui va déborder le vase, Talon et ses hommes doivent absolument réagir.

Commenter cet article