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UAC : Université ou camp militaire ?

22 Août 2016, 08:35am

Publié par HODA Kouakou Steve

Hommes en arme envahissant l'université
Hommes en arme envahissant l'université

Après l’invalidation de l’année académique 2015-2016 à la Faculté des Lettres Arts et Sciences et Humaines (FLASH) par le recteur Brice Sinsin ; l’université d’Abomey-Calavi est le théâtre d’affrontements sanglants entre étudiants et policiers. Une situation inacceptable !

Un véhicule de la gendarmerie et des cargos de la police positionnés devant l’université d’Abomey-Calavi ; c’est le spectacle que vous pouvez observer si vous prenez la direction de Calavi. Si cela n’interpelle personne, cette image est choquante pour tout étranger qui met pied au Bénin. « Il est écrit université d’Abomey-Calavi, mais pourquoi un véhicule de la gendarmerie ? » nous pose la question Paul, un étranger qui vient de mettre pied au Bénin. Il faut souligner que depuis son accession au rectorat d’Abomey-Calavi, le recteur Brice Sinsin a comme signé un contrat de partenariat entre l’université et les forces de l’ordre. On peut constater fréquemment les tensions entre son administration et les responsables étudiants depuis quelques années déjà. La dernière en date est la suspension de 21 étudiants de la Flash pour 5 ans et pire, l’invalidation de l’année académique 2015-2016 dans cette faculté. Une situation qui a mis en colère les étudiants qui se sont lancés dans une grève illimitée. Ces derniers jours, la tension est montée d’un cran. On assiste à de véritables échauffourées entre force de l’ordre et étudiants à tel point que l'université est devenu la "cité des cacas". Des étudiants qui demandent à ce que justice soit rendue à l’endroit de leurs camarades suspendus pour 5 ans, sont bastonnés, matraqués et violentés par les forces de l’ordre qui ont envahi l’université alors que le pays fait face à une insécurité sans pareille. Et pourtant, les étudiants sur toute l’étendue du territoire ont voté massivement le président Patrice Talon pour voir leur condition s’améliorer et non pour se faire bastonner. En retour, le chef de l’État ne doit en aucun cas rester indifférent à la situation de ces derniers. Il est important de préciser que la présence de force de l’ordre sur le campus d’Abomey-Calavi est une violation des franchises universitaires. Ce que les autorités universitaires se sont adonnées depuis quelques années déjà. Il urge donc que le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique Marie Odile Attanasso appelle au calme et à la sérénité. Elle doit veiller à ce que les forces de l’ordre retournent là où ils sont attendus pour être utiles à la nation. La présence de force de l’ordre sur un haut lieu de savoir est une insulte à l’intelligentsia béninoise. Aussi faut-il préciser que les étudiants doivent renouer avec le dialogue, car la violence n’arrangerait pas leur situation.

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