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7 pôles de développement pour révolutionner l'agriculture au Bénin

29 Décembre 2016, 02:05am

Publié par HODA Kouakou Steve

Le Bénin est en passe de devenir une puissance agricole du continent noir. Et pour cause, le gouvernement béninois sous l’impulsion de son chef Patrice Talon a mis en place un plan structurel construit autour de l’agriculture pour relever l’économie béninoise. En effet, à l’instar du président Félix Houphouët Boigny qui a permis à son pays d’être une puissance agricole, le président de la république béninoise a prévu dans son ambitieux programme de grandes innovations dans le secteur et surtout un plan d’investissement massif pour une agriculture de grandes envergures. Le tout encadré par un cadre institutionnel du secteur adopté par les nouvelles autorités en conseil des ministres.

« Le succès de ce pays repose sur l’agriculture » a dit le premier président Félix Houphouët Boigny qui a construit son pays autour de cette philosophie. C'est pourquoi la Côte d’Ivoire est le premier producteur de cacao, premier producteur d’anacarde, deuxième producteur de café ; grand producteur d’hévéa, de coton, d’ananas, de palmier à huile et autres. C’est fort de cette riche expérience de celui qui a fait de son pays le moteur économique de la Cedeao que le président Patrice Talon a mise en place un plan de relance du secteur agricole. Seulement huit mois de gestion et le gouvernement béninois au délà des innovations contenues dans le budget et qui permettront de renflouer les caisses de l’État a développé une nouvelle politique de l’agriculture. Celle-ci prévoit un investissement massif dans le secteur pour une agriculture d’envergure. Et pour que les fruits tiennent la promesse des fleurs, il a fallu assainir le cadre institutionnel. Ainsi, l’État a décidé de la liquidation des structures telles que l’Onasa, l’Ons, la Caia ou encore la Sonapra. Les aspects pertinents de ces structures sont intégrés dans les agences et directions départementales de l’agriculture qui seront créées en lieu et place des Carder. Il est également prévu la création de 7 pôles de développement agricole.

Les pôles de développement agricole

Le secteur agricole béninois se construit désormais autour de sept pôles de développement agricole :

1 – Pôle (1) couvre la vallée du Niger : Une zone à vocation de riziculture, de plaines inondables et de bas-fonds. La vallée du Niger en effet est une zone propice à la production du riz qui est la deuxième céréale la plus consommée au monde. Quand on sait que chaque Béninois consomme en moyenne 25 à 30 kg de riz par an, le développement de ce pôle permettra d’atteindre une sécurité alimentaire et nutritionnelle du Bénin. Dans un contexte marqué par l’invasion du riz plastique sur les marchés africains ; le Bénin peut se mettre à l’abri du danger en développant le riz local. Ce qui passe par l’amélioration des conditions de vie des riziculteurs donc la lutte contre la pauvreté.

2- Pôle (2) couvre l’Alibori (sud), le Borgou (nord) et les 2KP (Kandi-Kouandé-Péhunco) : c’est le principal bassin cotonnier. Le coton est la principale source de la richesse nationale ; il contribue pour beaucoup dans le produit intérieur brut. C’est pourquoi le développement de ce pôle permettra d’améliorer les rendements et donc d’agir sur la production totale. Il permettra surtout d’améliorer les conditions de vie des cotonculteurs afin de les permettre de mieux s’occuper de leurs familles. Le bassin cotonnier étant une zone de fortes productions, son développement peut booster la dynamique économique de la zone et freiner l’exode rural que l’on constate vu l’enclavement de la région.

3- Pôle (3), prend en compte l’Atacora (Ouest), le Borgou Sud et la Donga : Une zone de diversification agricole (On y cultive le coton et les produits vivriers). La diversification de l’agriculture est ce qui conduit au développement d’un pays. Cette diversification entraine le développement du secteur industriel puis celui des services. Ce qui permet de créer de la valeur ajoutée, de l’emploi pour les jeunes et donc la prospérité partagée. C'est pourquoi ce pôle revêt un enjeu capital pour le Bénin. Il permettra la transformation structurelle de l’Atacora Ouest, le Borgou Sud et la Donga qui sont des zones dans lesquelles l’activité économique est dense avec une forte présence de jeunes.

4- Pôle (4) est représenté par la région des Collines avec comme culture (la diversification – le coton, les produits vivriers et l’anacarde). C’est l’un des maillons forts de la politique agricole du Bénin, car les Collines sont réputées être une grande zone de production de l’igname fortement consommée au Bénin. L’anacarde est une culture très prisée au Bénin et dont le développement pourrait créer de milliers d’emplois. Aussi le Bénin envisage ravir la vedette à la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial d’anacarde. On peut donc dire que ce pôle est une assurance pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, pour la création de l’emploi et aussi pour l’accroissement de la richesse nationale.

5 – Pôle (5) prend en compte le Zou et le Couffo : Une zone à vocation arboricultures vivrières. Les pays colonisés par la France ont tous concentré leurs efforts sur les cultures de rente et pourtant ils ne sont pas nombreux à garantir une sécurité alimentaire à leur peuple encore moins transformer ce qu’ils produisent. Le pôle 5 permettra donc de développer ces cultures et donc d’assurer la sécurité alimentaire aux Béninois.

6- Pôle (6) est représenté par le Plateau (spécialisé dans la diversification agricole – palmier à huile et produits vivriers) ;

7-Pôle (7) est constitué de l’Ouémé, l’Atlantique et le Mono : une zone de pêcherie et de maraîchage.

Comme les pôles 4 et 5, les pôles 6 et 7 assurent la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Ils créent l’emploi et évitent au Bénin des chocs exogènes dus à la baisse du cours des matières premières sur le marché international.

Les reformes dans la filière coton

Pour permettre au secteur privé de jouer efficacement son rôle et aux acteurs de la filière coton de prendre leur responsabilité, le gouvernement a décidé de faire supporter par les égreneurs, les diverses subventions de l’ordre de 40 milliards de francs CFA. La suppression de cette subvention soulage ainsi les caisses de l’État et permet à celui-ci de se concentrer sur d’autres enjeux. Aussi faut-il ajouter qu’aujourd’hui les transporteurs sont payés après aussitôt déchargés. Toutes choses qui laissent producteurs et transformateurs admiratifs ; donc à la filière de prendre son envol. S’il faut saluer toutes les réformes engagées par le gouvernement béninois, il faut dire que l’industrialisation est ce qui pourra changer considérablement la vie des Béninois. Patrice Talon et son équipe doivent en faire un défi majeur.

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