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FELIHO Albin :" La CONEB compte développer un modèle dual pour sortir des jeunes "béton"

31 Janvier 2017, 01:59am

Publié par HODA Kouakou Steve

Le gouvernement de Patrice Talon s’est engagé à travers son PAG à transformer structurellement l’économie du Bénin. Ce qui ne peut se faire sans l’accompagnement du secteur privé. Pour mieux comprendre comment la Confédération Nationale des Employeurs du Bénin (CONEB) veut aider le gouvernement dans ses ambitions, nous sommes allés à la rencontre de son président Albin Féliho. Suivez l’intégralité de l’interview qu’il nous a accordée.

Présentez-vous à nos lecteurs ?

Je suis Albin FELIHO, Administrateur de sociétés. J’interviens dans le secteur de l’Industrie du Tourisme et des Voyages et préside aux destinées de la Confédération Nationales des Employeurs du Bénin (CONEB).

Parlez-nous un peu de la CONEB ?

La CONEB est la Confédération Nationale des Employeurs du Bénin. Elle est créée en décembre 2015 avec 89 membres, dont 12 fédérations nationales. La CONEB a pour vocation affichée de défendre les intérêts des chefs d’entreprises avec une philosophie humano-centrée, c’est-à-dire qu’elle défend l’homme dans l’entreprise. En effet, l’homme dans les conditions de progrès social optimal à un rendement dans son entreprise, sa productivité a donc un impact sur les résultats de l’entreprise. Le plus important, c’est l’homme au centre de l’entreprise qui a des préoccupations diverses. Quand on parle d’homme, c’est un ensemble de parties prenantes autour de l’entreprise (Employeur, fournisseur, clients, employés…), des vues différentes selon leurs positions, leurs classifications et leurs intérêts. Le rôle de l’employeur est donc de les concilier, les conjuguer vers un but commun : la pérennité de l’entreprise.

La CONEB et le CNP ne se marchent pas sur les pieds ?

La CONEB est bien une organisation patronale comme il n’en existe plusieurs au Sénégal, au Cameroun, au Mali, et même en France. D’ailleurs au Bénin, ce n’est pas une particularité si on prend en compte les organisations syndicales ; elles sont cinq et s’entendent très bien pour constituer la composante du mouvement tripartite régie par le Bureau international du Travail (BIT) à savoir SYNDICATS, PATRONAT, ÉTAT. S’il y a une, deux, trois voire quatre organisations patronales qui s’inscrivent dans ce paysage, elles sont les bienvenues. Je peux vous dire que c’est tout à fait normal que des patrons qui sont des champions d’entreprises privées rivalisent de leadership dans la création d’organisation défendant leurs intérêts. Il n’est donc pas exclu qu’il y ait autant de patronats que de leadership pour le porter. La constitution béninoise autorise la pluralité des mouvements associatifs ; c’est donc un droit constitutionnel.

Quelles sont les actions déjà entreprises par la CONEB ?

La CONEB a déjà mené un certain nombre d’actions dont les plus importantes sont les jeudis du patronat où nous échangeons sous forme de think thank sur les grands enjeux du développement socio-économique du Bénin. Le prochain jeudi du patronat va se pencher sur les opportunités que les opérateurs économiques béninois peuvent tirer du PAG : Programme d’Action du Gouvernement. Nous travaillons également à consolider la CONEB département par département. Au demeurant, nous avons déjà présenté la CONEB à toutes les institutions de la République ; à certains partenaires techniques financiers et quelques ministères. Le travail se poursuit.

Quels liens entretenez-vous avec les universités béninoises dans le cadre de la promotion de l’homme quand on sait que l’université est le temple du savoir ?

Le développement de la technologie est une opportunité majeure pour les pays africains ; plus que pour les pays occidentaux. Dans un monde moderne, il faut travailler de concert avec les universités surtout dans le domaine numérique pour définir les besoins de l’entreprise. Nous travaillons déjà à collaborer avec les universités afin de leur permettre de sortir des programmes de formation adaptés à des besoins de demain et non d’aujourd’hui. L’université d’aujourd’hui doit proposer des programmes pour d’ici à 20 ans. Le patronat a besoin des diplômés capables d’internaliser des besoins réels de l’entreprise. Nous comptons donc développer un modèle dual : un temps en entreprise, un temps à l’école pour sortir des « jeunes béton »

Quelle est la contribution de la CONEB pour permettre aux entreprises de bénéficier du PAG prévu pour être exécuté sur la période 2016-2021 ?

Dans le cadre de la mise en œuvre du PAG, il y a une grande partie de l’argent qui sera mobilisé auprès du secteur privé à travers le partenariat public-privé. Il n’y a pas de raison que cela serve à payer des prestations des multinationales ; c’est pourquoi la CONEB se positionne déjà comme un acteur majeur pour conduire ses membres à un niveau de labélisation requis pour jouer un rôle de relais efficace auprès de ces multinationales qui ont, il faut le reconnaitre de gros moyens et un niveau de technicité et de compétence meilleur au nôtre. Pour cela, il faut être à un niveau de compétitivité acceptable pour les investisseurs privés étrangers.

Une Cité Internationale de l’Innovation et du Savoir pour créer 48000 emplois à l’horizon 2021, quel pourrait être la contribution de la CONEB ?

La CIIS, c’est le modèle de la Silicone Valley. Ce n’est pas nouveau ; mais mieux vaut tard que jamais. Nous allons travailler avec le gouvernement pour mettre en place des infrastructures adaptées avec une connexion haut débit, un environnement propice où des jeunes peuvent sortir des idées. Nous avons une commission en notre sein qui s’occupe de ces questions. Des propositions sont faites à cet effet. Je puis vous dire qu’à côté de la CIIS, la CONEB est en mesure immédiatement et tout de suite de mettre un espace d’environ 20 bureaux à la disposition des jeunes pour produire de la réflexion et sortir des idées novatrices pour le Bénin.

Quelles sont vos propositions par rapport à vos collègues qui souffrent le martyre avec la crise au Nigéria ?

Dans le cadre des jeudis du patronat, nous nous sommes déjà penchés sur la base de travail des experts à la question des relations entre le Bénin et le Nigéria. A ce niveau, les difficultés sur le terrain donnent des raisons de compatir à la situation de nos collègues qui en souffrent avec des pertes qui se chiffrent à des milliards de francs CFA. Nous pensons que l’État a le devoir d’accompagner ces opérateurs économiques, car il s’agit d’intérêt et de survie nationale. En ce qui concerne nos collègues, nous leur proposons de transformer cette difficulté en une opportunité à saisir. De la faiblesse du Naira, nous devons transformer l’ancien modèle en une opportunité ; c’est-à-dire acquérir des produits bon marché au Nigéria et les distribuer aux autres pays de l’UEMOA. La position stratégique du Bénin lui offre en effet la possibilité de commercialiser non seulement avec le Nigéria (193 millions d’habitants ; Ndlr), mais aussi avec les autres pays de l’UEMOA ; deux entités qui constituent un grand marché de débouchés.

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